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Intempéries vignes

Intempéries : une année difficile pour la viticulture icaunaise

Intempéries : une année difficile pour la viticulture icaunaise

Après l’accumulation exceptionnelle d’aléas climatiques qui ont détruit de nombreuses récoltes, l’enjeu est aujourd’hui d’éviter de perdre des marchés durement gagnés et d’empêcher l’envolée des prix.

Les vignobles icaunais ont connu une année 2016 destructrice, marquée par une succession d'aléas climatiques extrêmes. Parcelles gelées le 26 avril, grêlées les 13 et 27 mai, puis inondées par un printemps très pluvieux qui a favorisé l’apparition de mildiou, alors même qu’il était parfois impossible de pénétrer dans les vignes pour traiter. "Tous les vignobles grandes disparités selon les villages, explique Françoise Roure, responsable marketing-communication du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne  (BIVB). À chaque fois qu’un nouvel incident météo survenait, les viticulteurs perdaient un pourcentage supplémentaire de leur récolte…"

Des pertes allant de 20 à 100 %

"Il est difficile d’évaluer les pertes tant que les déclarations de récoltes ne sont pas faites, explique Christophe Ferrari, président adjoint de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne, président du syndicat de l'appellation Irancy. On peut dire que la moitié du Chablisien a été touchée avec une intensité variable de 40 à 100 %. En ce qui concerne les vignobles du Grand Auxerrois, les dégâts vont de 20 à 100 % dans les zones sinistrées. Saint-Bris, Chitry et Irancy… ont été particulièrement affectés, le Coulangeois, le Jovinien ont été épargnés et le Vézelien moyennement touché…"

Pour protéger les grands crus du Chablisien, les vignerons ont mis en route les chaufferettes et bougies, et utilisé la technique de l’aspersion d’eau. Celle-ci consiste à arroser les vignes pendant la période critique, de façon à ce que lorsque la température devient négative, l’eau forme un cocon de glace protecteur à zéro degré autour des jeunes feuilles.

© BIVB  A Ibanez

Photo © BIVB / A. Ibanez

Le "VCI", une assurance récolte

En août, c’est à la grillure que les vignes ont dû faire face, entraînant une altération des grappes. "Heureusement qu’il y a eu des pluies en septembre, car les baies étaient toutes petites, souligne Françoise Roure. L’eau leur a apporté un peu de volume". Les vendanges effectuées, le constat est amer et les viticulteurs font le compte de ce qui manque dans leurs cuves. Ceux qui le peuvent vont faire jouer le dispositif du Volume complémentaire individuel (VCI), initié par la Fédération de défense de l’appellation Chablis (présidée par Frédéric Gueguen) et inscrit dans les textes pour les vins blancs depuis 2013. Le VCI permet, les années où la récolte excède le rendement butoir de l’appellation, de constituer une réserve qualitative pour les années moins fastes. Et ainsi de lisser l’offre et d’éviter que les prix ne fluctuent trop d’une année sur l’autre. "Les vignerons sont obligés de mettre ce volume sur le marché s’ils sont en dessous du rendement de l’appellation, explique Françoise Roure. Cela va permettre de pallier une partie du déficit mais pas tout, car les pertes sont trop importantes".

Éviter une envolée des prix

L’inquiétude est multiple : perdre des marchés durement décrochés en ne pouvant pas les fournir, observer une flambée des prix qui ferait sortir le vin de sa catégorie et d’autres vins prendre sa place, voir des clients se détourner durablement… Pour faire face, les vignerons ont déjà commencé à contingenter les volumes qu’ils fournissent. Mi-septembre, la Chambre
d’agriculture estimait les pertes à 120 millions d’euros pour le Chablisien et 45,5 millions d’euros (hors grillure) pour le Grand Auxerrois (à cela il convient de soustraire 13,6 millions d’euros d’indemnités d’assurance "production"). La valeur des VCI réintégrables est évaluée à 40 millions d’euros.

Cette année catastrophique pour la viticulture icaunaise est une mauvaise nouvelle pour l’économie du département en général, car dans ce contexte dégradé des investissements professionnels mais aussi personnels ne seront pas réalisés par les exploitants.

"Je tiens à exprimer toute ma compassion pour les dégâts que les vignerons et ceux qui les entourent ont subis. Chablis est un des poumons économiques du département et c’est toute une économie locale qui va en supporter lesconséquences : les métiers induits (fabricants de matériel agricole, viticole) car des investissements vont être gelés, mais également l’artisanat et le commerce. D’autre part, après des dégâts de cette importance, la vigne peut être fragilisée pour quelque temps encore. De mémoire d’homme, aucune catastrophe de cette ampleur n’était arrivée à Chablis".

Patrick Gendraud, 1er vice-président du Conseil départemental, conseiller départemental et maire de Chablis

LA VITICULTURE ICAUNAISE EN CHIFFRES

  • 637 producteurs
  • 7 455 hectares
  • 426 400 hectolitres produits dont 89 % de vins blancs
  • 28 % des vins de Bourgogne, 39 % des vins blancs bourguignons, 14 % des crémants de Bourgogne
    (chiffres BIVB 2015)

LES VIGNOBLES DE L'YONNE

● Le Chablisien
Le vignoble de Chablis représente 5 400 ha de vignes plantées, soit 74 % du vignoble icaunais et 18 % du vignoble de Bourgogne. Sa production est de 286 000 hectolitres en moyenne, dont 17 % de petit chablis, 66 % de chablis, 15 % de chablis premier cru et 2 % de chablis grand cru. 32,6 % sont commercialisés en France et 67,4 % à l’export (soit l’équivalent de 24,3 millions de bouteilles en 2015 pour 163,5 millions d’euros de chiffre d’affaires) : Royaume -Uni (30 % du volume exporté), Japon, Suède et États-Unis (8 %), Allemagne (7 %), Belgique (6 %), Canada (5 %), Pays-Bas (4 %), Danemark et Norvège (3 %)…

● Le Grand Auxerrois
Le Grand Auxerrois est le nom donné aux vignobles de l’Yonne, hors Chablis. Il couvre une surface de 1 900 ha et regroupe, du nord au sud, le Jovinien, l’Auxerrois, le Tonnerrois et le Vézelien. Il donne naissance à une large gamme d’appellations régionales, identifiées le plus souvent par le nom du vignoble ou de la commune de production, et à deux appellations village, Irancy et Saint-Bris. La production représente près de 106 300 hl dont 55 % en vin blanc, 24 % en vin rouge, 2 % de vin rosé et 19 % de Crémant de Bourgogne.
(Données 2015, sources BIVB)

Page mise à jour le jeudi 03 novembre 2016

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