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Accompagner l’enfant au sein de sa famille pour les aider à vivre ensemble

Accompagner l’enfant au sein de sa famille pour les aider à vivre ensemble

Protection de l’enfance • L’aide sociale à l’enfance a pour objectif d’assurer la protection des enfants en établissement, en famille d’accueil ou à domicile, tout en préservant les liens familiaux.

Le Conseil départemental est le chef de file de la politique de protection de l’enfance. Les enfants confiés au Département peuvent être placés en établissement, chez un assistant familial (une famille d’accueil) ou faire l’objet d’un accompagnement à domicile. Afin de s’assurer que les moyens mis en œuvre dans l’Yonne étaient les mieux adaptés aux situations rencontrées, le Conseil départemental a diligenté une évaluation de ses missions de protection de l’enfance. "L’étude a fait apparaître que l’Yonne avait un taux d’équipement en établissements largement supérieur aux départements à la démographie équivalente, alors que ce n’est pas toujours la meilleure réponse d’accompagnement pour les enfants, explique Guénaële Nedellec, directrice Enfance Famille. La mission du Conseil départemental est d’abord de protéger l’enfant, mais aussi de faire en sorte qu’il puisse retourner chez lui un jour quand c’est possible. Or c’est facilité lorsqu’on accompagne les parents dans la prise en charge de leur enfant au quotidien. Tous les Départements font le constat qu’en séparant trop l’enfant de sa famille, on n’arrive plus à faire suffisamment avancer celle-ci dans ses pratiques éducatives".

L’hébergement collectif a un intérêt par exemple pour les enfants dont les parents ne peuvent pas envisager l’idée que leur enfant puisse être hébergé dans une autre famille. "Nous essayons pour chaque situation de trouver le juste équilibre entre l’intérêt de l’enfant et la bonne collaboration avec les parents, car plus nous sommes en opposition avec leur façon de voir les choses, plus ce sera difficile de travailler avec eux".

Un accompagnement quotidien dans la famille

Les mesures d’accompagnement dans le cadre des placements à domicile sont déléguées par le Conseil départemental à cinq associations, en lien avec le coordinateur de l’enfant au Département. Elles sont assurées par des éducateurs, mais aussi au besoin des conseillères en économie sociale et familiale, des assistantes sociales, des psychologues… qui se rendent au domicile de l’enfant autant de fois que nécessaire dans le mois, la semaine (y compris le samedi) ou la journée. Une permanence restant accessible 24h/24 au sein de l’association.

"Généralement, au démarrage de la mesure, les interventions sont très intensives, puis elles deviennent de moins en moins fréquentes au fil des mois de prise en charge, souligne Guénaële Nedellec. Cet accompagnement global amène à lever tous les freins du quotidien pour que peu à peu la famille devienne autonome, puis réussisse à faire sans nous. Les leviers d’action sont beaucoup plus importants que lorsqu’on va rencontrer une famille de façon ponctuelle, car nous sommes dans du "faire avec". C’est un accompagnement très individualisé et c’est le sens des lois de 2007 et 2016 qui réforment la protection de l’enfance".

Les associations chargées de ces services disposent aussi d’un établissement et si l’éducateur l’estime nécessaire, l’enfant et sa famille peuvent être séparés le temps que les tensions s’apaisent. "Les premiers dispositifs de ce type ont été déployés dans l’Yonne en 2004 et d’une façon générale nous constatons que les temps d’intervention oscillent autour de deux à trois ans, poursuit la directrice Enfance Famille. Les retours dans le dispositif de protection de l’enfance sont également peu nombreux".

Plus d’infos : Direction Enfance Famille 03 86 72 86 64

En chiffres

  • 354 enfants accueillis en établissement
  • 593 enfants accueillis chez des assistants familiaux
  • 1 359 enfants concernés par une mesure d’accompagnement à domicile
    (chiffres 2016) 

Le Conseil départemental recrute des assistants familiaux

Le Conseil départemental recrute des assistants familiaux

Lorsque la situation ne permet pas de laisser l’enfant au domicile de ses parents, le placement dans une famille d’accueil lui offre la possibilité de continuer à se développer dans un cadre familial. La prise en charge est également individualisée car l’assistant familial est choisi en fonction du profil de l’enfant.

Les assistants familiaux sont agréés par la PMI (Protection maternelle et infantile) pour un à trois enfants, sur une durée de cinq ans renouvelable, puis recrutés et rémunérés par le Département à partir de l’accueil du premier enfant. Ils bénéficient alors d’une formation de 300 h qui se nourrit de leur propre expérience. Les 60 premières heures sont délivrées par le Département et comprennent la visite d’un établissement et une rencontre avec le juge des enfants, ce qui leur permet de se situer dans le dispositif global. Plus de 90 % des assistants familiaux recrutés par le Conseil départemental de l’Yonne obtiennent ensuite leur diplôme d’État. "Les assistants familiaux sont des professionnels du Département, explique Carole Pouyet, adjointe à la directrice Enfance Famille. Leur travail s’effectue en collaboration avec le référent éducatif de l’enfant au sein de l’Unité territoriale de solidarité dont ils dépendent. Le Conseil départemental a créé des outils d’observation qu’ils sont invités à renseigner pour participer à la réflexion de l’équipe éducative et à la construction du projet de l’enfant".

Le Conseil départemental mène actuellement une campagne de recrutement pour compenser les départs en retraite et mieux répartir l’offre sur l’ensemble du département. Aucun modèle familial préalable n’est requis pour demander l’agrément. Celui-ci obtenu, l’assistant familial fait l’objet d’un recrutement en trois phases : un entretien d’embauche dans les locaux du Conseil départemental, un second entretien avec la psychologue et le conjoint, et une visite à domicile effectuée par une éducatrice en présence de l’ensemble de la famille de l’assistant familial. Le rôle de l’assistant familial est déterminant : il doit être bienveillant envers l’enfant, et si l’attachement est nécessaire pour aider à la reconstruction de ce dernier, la place des parents doit être préservée.

→ Les personnes intéressées sont invitées à se manifester auprès de Séverine Audo au 03 86 72 86 53.

Dominique Sineau

3 QUESTIONS À...

Dominique Sineau, vice-présidente de la commission des Solidarités départementales en charge de l’Enfance , conseillère départementale de Pont-sur-Yonne

  1. Le Conseil départemental réoriente sa politique de protection de l’enfance vers le placement à domicile. Pour quelle raison ?
    L’Yonne est le 8e département français le plus équipé en places d’hébergement collectif, en proportion du nombre d’enfants, alors que ce type d’accompagnement n’est pas toujours le plus adapté aux situations. Le placement à domicile permet un accompagnement intensif des familles mais ne peut bien sûr pas valoir pour toutes les situations. C’est pour cela que nous devons disposer d’une palette d’outils diversifiés, afin de nous adapter à la particularité de chacune des situations.
  2. Comment effectuer cette réorganisation ?
    Le Conseil départemental autorise les établissements et associations pour un volume de places d’hébergement et de mesures d’accompagnement. Nous avons identifié un certain nombre de situations qui auraient pu faire l’objet d’un placement à domicile si nous avions eu une offre plus conséquente. Nous souhaitons donc diminuer l’offre collective, trop importante pour le département, pour réinjecter des moyens sur du placement à domicile, insuffisamment développé sur certains secteurs géographiques.
  3. Une autre conclusion de l’étude montre un volume conséquent d’informations préoccupantes. Comment l’analysez-vous ?
    Certaines problématiques pourraient être traitées avant le déclenchement d’une information préoccupante. L’objectif demain est donc de travailler avec nos partenaires (Éducation nationale, crèches, centres de loisirs, médecins, CCAS...) en amont, afin d’éviter l’aggravation des situations. Il faut savoir que les évaluations des informations préoccupantes sont effectuées par les mêmes professionnels qui réalisent l’accompagnement des familles en prévention.

Dominique Sineau

Eva

"Notre famille d’accueil, nos éducateurs nous ont aidés et je pense qu’on leur doit des remerciements"

Dans son petit duplex au dernier étage d’une vieille maison de Joigny, Eva mène bien sa barque dans laquelle elle a fait monter avec elle un beau matou aux allures de chat sauvage. La vie a pourtant été rude avec elle. À 16 ans, orpheline de mère puis de père, elle est confiée au Conseil départemental après quatre années passées chez sa grand-mère. Afin de maintenir une vie familiale, le Département place Eva dans une famille d’accueil avec son frère d’un an plus jeune. "Comme je n’ai plus mes parents, c’était un très gros repère de pouvoir compter sur eux, explique la jeune fille reconnaissante, aujourd’hui âgée de 21 ans. Ils nous aidaient dans notre scolarité, nous épaulaient d’un point de vue personnel, on partageait les fêtes de famille, on partait en vacances ensemble… Aujourd’hui encore, je les appelle toutes les semaines et je suis partie en vacances chez eux l’année dernière à La Rochelle, où ils ont déménagé. Souvent elle [son assistante familiale] me répétait : on est obligés de s’attacher à vous, mais je ne suis pas ta mère. Mais elle me conseillait comme une mère…"

Dans le prolongement de cet accueil familial, à 18 ans, Eva intègre le Service d’accueil jeunes majeurs Rosette Demey de l’Alefpa (voir encadré ci-dessous) à Sens. Dans cet établissement, dernier maillon de la chaîne de l’aide sociale à l’enfance, on apprend aux jeunes à devenir autonomes. Un logement individuel meublé et équipé a été mis à sa disposition. "J’y suis restée près d’un an et demi. Ça m’a fait tout drôle de me retrouver dans un appartement toute seule, mais je participais à de nombreux ateliers : d’écriture, de cuisine, de gestion des comptes… Les éducateurs me rendaient visite et moi j’allais les voir pour ma scolarité, des conseils sur la vie au lycée, apprendre mon code de la route… Je m’y suis fait beaucoup d’amis parmi les autres jeunes et j’ai encore des nouvelles d’eux". De même qu’elle a gardé contact avec sa famille d’accueil, Eva passe encore de temps en temps voir les éducateurs du Service d’accueil jeunes majeurs de l’Alefpa. "Ce sont des personnes qui m’ont aidée aussi et je me dois de leur montrer que grâce à eux j’ai évolué, et que je m’en sors très bien".

Eva a décroché un CAP services à la personne au lycée de Saint-Colombe à Saint-Denis-les-Sens. Son souhait alors : travailler auprès des personnes âgées pour qui elle éprouve une grande affection depuis toujours ("J’aime leur contact, leur histoire"). La vie en a décidé autrement car c’est à la Côte Saint-Jacques qu’elle a trouvé un emploi, de femme de chambre, il y a deux ans. En contrat à durée indéterminée. À elle d’écrire les prochaines pages de son histoire…

Le dernier dispositif d’accompagnement des jeunes

L’Alefpa est l’association laïque pour l’éducation, la formation, la prévention et l’autonomie. L’établissement jeunes majeurs de Sens, agréé pour les jeunes entre 17 et 21 ans, a plusieurs pôles d’intervention : l’hébergement et la vie quotidienne, l’éducation budgétaire et administrative, l’insertion professionnelle, la scolarité et la santé. "Nous sommes sur de l’accompagnement global et individualisé avec des appartements autonomes, explique Céline Villette, chef de service éducatif. L’équipe d’éducateurs, de conseillers en économie sociale et familiale, de psychologues… intervient entre 9h et 21h dans les logements ou au service des jeunes. Nous avons accompagné Eva jusqu’à sa recherche d’emploi et de logement, et elle a pris son envol…"

Nathalie Mathieu - Assistante familiale à Champs-sur-Yonne

Nathalie Mathieu - Assistante familiale à Champs-sur-Yonne

"C’est du bonheur de les voir évoluer"

Difficile au premier regard de savoir qui sont les enfants de Nathalie et Sébastien Mathieu, et ceux qui leur sont confiés par le Conseil départemental. L’ambiance est familiale et harmonieuse, même si l’assistante familiale est bien consciente d’exercer là une profession. "J’essaie de garder de la distance et Lola, que nous avons accueillie il y a trois ans (elle est âgée aujourd’hui de 3 ans et demi), m’appelle Nanou ; ce que fera sans doute Louanne, 1 an, qui est arrivée il y a trois mois quand elle saura parler(1). Mais elles ont besoin d’affection, de repères et c’est un métier humain. Ce n’est que du bonheur de les voir évoluer et de constater leurs progrès… On ne peut pas ne pas s’attacher, même si chacun est conscient de la situation".

La formation suivie par Nathalie Mathieu l’a beaucoup aidée dans l’exercice de sa profession, choisie en famille après une première vie professionnelle comme comptable : "Les expériences des autres assistantes familiales sont très enrichissantes. Ainsi on ne se sent pas seules, on fait connaissance avec d’autres personnes avec qui on garde des contacts". Nathalie Mathieu a ensuite obtenu le diplôme d’État d’assistante familiale.

(1) Les prénoms ont été changés.

Mathilde Simony - Responsable du service d’intervention éducative de Tonnerre de l’association Enfance et Jeunesse en Avallonnais

Mathilde Simony - Responsable du service d’intervention éducative de Tonnerre de l’association Enfance et Jeunesse en Avallonnais

"Faire avec la famille pour qu’elle soit acteur du projet"

Le placement à domicile est une alternative au placement en institution ou en famille d’accueil, lorsqu’il n’est pas indispensable. "L’idée est de pouvoir travailler les difficultés au sein et avec la famille pour éviter les ruptures familiales, sociales, mais aussi avec les copains, l’école…", raconte Mathilde Simony. L’association Enfance et Jeunesse en Avallonnais intervient sur Avallon, Tonnerre et Auxerre, dans un cadre administratif ou judiciaire.

"Un mois après la signature de la mesure de placement à domicile, nous rédigeons le "projet pour l’enfant". Nous y écrivons ce que nous souhaitons travailler avec les parents car c’est la base de cette mesure : travailler ensemble les difficultés afin de trouver leurs solutions pour les résoudre". Un binôme d’éducateurs se relaie ensuite à domicile. "Nous intervenons de manière intensive sur une palette très large (cadre à poser, santé de l’enfant, scolarité, moralité, addictions, troubles psychologiques…) 7 jours sur 7 au besoin et nous avons une astreinte 24 h sur 24".  L’association intervient également pour réapprendre à vivre ensemble après plusieurs années de placement. En cas de besoin, elle peut accueillir les enfants dans l’une de ses structures.

Page mise à jour le mercredi 31 mai 2017

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